J'ai rêvé cette nuit d'une désillusion,
J'ai rêvé cette nuit de ma vie sans raison,
De ma vie sans passé, de ma vie tourmentée,
J'ai compris enfin que je m'étais oubliée.
Depuis ce jour où recommença une vie,
J'ai oublié mon passé et ce qui le lie.
Je me suis vue rentrer chez moi en pleurs amers,
Me sentir humiliée et plus bas que terre,
Je me suis vue avoir prié pour mon malheur,
Leur avoir demandé une once de bonheur,
Me donner cette joie dont j'avais tant rêvé :
Leur avoir demandé de me faire oublier.
Je hais le concept « bonheur » qu'ils ont forgé,
Comprennent-ils ce qui lie ces onomatopées ?
Je n'ai rien compris de ce qu'ils décident là-haut,
De ces liens si faibles, si peux, qu'ils trouvent si beaux,
La vie si différente de ce qu'ils laissent paraître,
J'ai voulu recommencer, les faire disparaître.
Je me sens perdue, je ne sais plus qui je suis,
Ce rêve est l'alerte de mon âme étourdie,
Je dois trouver les souvenirs de mon passé,
Surgir de l'au-delà où ils sont apaisés.
L'espoir est celui qui me gardait sous son aile,
Ange Noir, souvenir, surgit à mon appel!
D'une larme s'évadant de mes yeux embrumés,
D'un tremblement agitant mes lèvres apeurées,
D'une sensation douloureuse me torturant,
Enfin l'Ange Noir arrive tel un spectre hurlant.
Replongeant mon esprit dans une abysse noire,
D'un cruel passé raviva ma mémoire.
Souvenirs d'outre tombe survenus d'au-delà,
Ressurgis Ange Noir qui sommeille ici bas.
De retour après toutes ces longues années d'attente,
Apprends-moi qui je suis, apprends-moi qui me hante.
Ma mémoire a besoin de ta flamme, aide-moi,
Depuis que tu es parti je ne suis plus moi.
Souvenirs si abrupts, passé de mon destin,
Je croyais que l'au-delà endormi les miens,
Je croyais lui avoir tout donné à jamais :
Je voulus effacer ce qui me détruisait.
Mais, survenus, s'opposant à tout concept,
Le bonheur est ailleurs et pourtant je l'accepte.
Souvenir douloureux, sortis de ma mémoire,
J'aurais dû écouter ce que dit l'Ange Noir.
Ces visions si affreuses que j'avais renié,
L'ange noir à compris, les a fait accepter.
Une vie recommença, je ne sais qui je suis,
Mon esprit tourmenté m'en avais averti.
Souvenirs écrient sur les pages de ma vie,
Ecrient dans le sang de la honte qui me poursuit
Depuis que j'ai voulu créer l'imaginaire,
Oublier les attraits de mes tortionnaires,
Créer l'illusion d'une joie furtive,
Oublier le malheur qui me rendait fictive.
Souvenirs des mains si peu charnelles sur mon corps,
Ce sombre noir d'une cave servant de décors,
Longues plaintes s'élevant de cette âme blessée,
De la plus belle rose qui a été souillée,
Hantée par le rire de tous ces hommes en chaleur,
De ces langues hasardeuses détruisant mon ardeur.
Souvenirs du mal de mon hymen percé,
Souffrance d'un corps qui n'a jamais oublié,
Silence virtuel de mon corps devenu plaie,
Retenant de crier le mal qui le perçait.
Tous ces hommes jouissant en moi y brisait la fleur,
Sentant s'accélérer les rythmes de mon coeur.
A présent souvenirs faites partis de ma vie,
Merci Ange Noir de me rappeler qui je suis,
Bien que le bonheur aujourd'hui m'ai quitté,
Je sais maintenant qu'il m'existe un passé.
Mais ma vie ne sera que de longues questions :
L'homme est-il une créature sans introspection ?
L'homme ne serait donc qu'une créature vile ?
Ma conscience sombrait au battement de mes cils,
Qui croyait qu'il existe sur Terre de tels êtres ?
J'imaginais le dernier discours d'un prêtre,
L'extrême-onction donné d'une fille tourmentée,
Dans cette sombre pièce où je fût violée